Leibniz W.
 
 
 

action
Nég-liger veut dire ne pas lire, et ne pas négliger le Verbe signifie - Le lire, et non pas agir. Être davantage attiré par les sons de Ses cordes que par la précision de Ses flèches. Cette puissance sans actes ne fut jamais appréciée que par des stylites : « Où trouvera-t-on jamais dans le monde une faculté qui se renferme dans la seule puissance sans exercer acte ?  » - Leibniz – dans la philosophie moderne, il ne reste plus de place aux relations unaires ; on n'imagine plus ni l'esprit ni l'âme seuls, sans médiation de leurs cibles.
âme,concept,esprit,flèche,force,modernité,solitude

amour
C'est l'amour qui trouve le meilleur emploi pour tous les éléments de mon arbre : « L'amour s'élève jusqu'à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates. Il descendra jusqu'à vos racines et les secouera là où elles s'accrochent à la terre »** - Gibran - « Love ascends to your height and caresses your tenderest branches. Love shall descend to your roots and shake them in their clinging to the earth ». Et il m'apprend à vivre en déraciné, à la nouvelle étoile, sous de nouvelles ombres. Et je comprendrai, que le soi, c'est la hauteur, où naissent des couleurs : « Les ombres rehaussent les couleurs »*** - Leibniz.
arbre,auteur,caresse,éléments,étoile,exil,goût,hauteur,ombre,soi

amour
D'Aristote à Leibniz, en passant par Plotin et Spinoza, cette ineptie : le but de la philosophie serait de nous apprendre ce qu'il faut aimer. Celui qui sait, qu'on ne peut aimer que ce qu'on ne connaît pas, s'en rit. L'amour est une espèce mystérieuse du Bien inexplicable ; et la philosophie, cette protectrice des mystères, devrait nous apprendre à nous contenter d'un fol amour, autrement dit – à nous consoler. Non pas à ouvrir, mais à fermer nos yeux.
bien,consolation,folie,inconnu,mystère,philosophie,savoir

art
La musique est l'art le plus innervé de mathématique, mais qui, en sa perception, ne fait pas appel au moindre calcul ; premier en jouissance, dernier en connaissances (Kant) - c'est ce qu'on devrait chercher ailleurs. « La musique est du calcul caché, dont l'esprit reste inconscient » - Leibniz - « Musica est exercitium arithmeticae occultum nescientis se numerare animi ».
esprit,musique

leibniz w.
L'art est l'expression la plus haute de l'arithmétique intérieure.
art
La science est la compression de la haute beauté extérieure. De la rencontre entre le vrai et le beau naît le bien, l'objet de la philosophie. Leibniz avec d'Alembert furent peut-être les derniers véritables esprits universels, ceux qui savaient combiner l'analyse mathématique et la synthèse philosophique (Valéry les appelait hommes des axes) ; en général, « qui conçoit aisément les choses mathématiques n'est nullement propre à entendre les métaphysiques » - Descartes.
axe,balance,beauté,bien,philosophie,raison,science,vérité

bien
L'attitude inepte : vilipender le progrès en brandissant les noms de la St Barthélémy ou de l'Holocauste. La seule régression, qui vaille la peine d'être épinglée est l'automatisme de la bonhomie. « Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions »*** - Leibniz - ce taux (qui fut de moitié-moitié chez Pascal), aujourd'hui, décupla : « L'homme tourne à l'automate ; tout y sera, moins l'esprit ; cette loi est celle du troupeau »** - A.Suarès - ce qui t'échappa, c'est que l'esprit même, aujourd'hui, tourne au troupeau. Les cœurs y sont illégitimes, et les âmes - orphelines.
action,âme,cœur,esprit,modernité,mouton,révolte,robot

bien
Le Bien se blottit en-deçà de mon cœur, et au-delà - reste invisible ; le Mal, lui, saute aux yeux, chaque fois que je lève un bras ; ceux qui disent que voir le Mal, c'est mal voir (Leibniz), ont un regard trop presbyte.
cœur,inconnu,mal,regard

leibniz w.
Le mal peut être métaphysique, physique ou moral : l'imperfection, la souffrance ou le péché.
bien
On se croirait en cours de catéchèse : la perfection (nature), la béatitude (paix), l'ignorance (innocence) - c'est ce que perdirent Adam et Ève. Le mal est toujours bien réel, et donc il fait partie de la perfection divine, contrairement à la beauté et à la vérité, qui sont toujours des constructions artificielles.
angoisse,artificiel,beauté,bonheur,mal,nature,réalité,savoir,souffrance,vérité

leibniz w.
En Dieu, la puissance va à l'être, la sagesse au vrai, la volonté au Bien.
bien
Chez l'homme, en revanche, l'être, la vérité et le Bien sont sans attributs. Ce qui réclamerait, chez lui, et la puissance et la sagesse et la volonté, c'est le beau. C'est pourquoi la théodicée la plus convaincante, ce n'est ni la tienne ni celle de Gödel, mais celle de Berdiaev : la beauté incompréhensible de la création humaine.
beauté,concept,création,dieu,esprit,être,force,inconnu,intensité,philosophie,…

cité
Le meilleur compagnon du prince, aujourd'hui, est le journaliste. Et dire qu'on vit Anaxagore admiré par Périclès, Aristote et Pyrrhon auprès d'Alexandre, Sénèque écouté par Néron, Boèce toléré par Théodoric, Thomas d'Aquin invité par St Louis, Pic de la Mirandole avec son mécène Laurent le Magnifique, Érasme auprès de Charles-Quint et de Vinci auprès de François 1er, Th.More apprécié de Henry VIII, Michel-Ange recherché par Jules II, F.Bacon par Elizabeth, Leibniz par Pierre le Grand, Voltaire par le Grand Frédéric, Diderot par la Grande Catherine et même Malraux par de Gaulle, ou tout au moins Guitton par Mitterand. Je prédis, que les prochains princes seront journalistes, eux-mêmes. « Qualis grex, talus rex ».
antiquité,moyen âge,modernité,philosophie,platitude

doute
Le sujet est un outil de perception, le soi - un outil de conception, le Je - un outil de création ; et c'est la volonté (perceptio plus appetitus de Leibniz) qui les met, tous, à contribution pour aboutir aux représentations, c'est à dire, d'après Schopenhauer, au monde, sans que je fasse appel ni aux choses ni à autrui.
création,nature,représentation,soi

doute
Celui qui ne comprend pas le concept de l'infini mathématique est incapable de raisonner sur la notion de l'infini philosophique ou sentimental. Platon ne comprenait ni Zénon ni Pythagore, comme Hegel ne comprenait ni Newton ni Leibniz, d'où leurs délires sur la limite et l'illimité (péras et apeiron).
frontière,idée,inconnu,intelligence,philosophie,science,sentiment

doute
Le sage voit l’ordre du tout et se résigne au désordre de la partie. Le médiocre (et Leibniz !) voit le désordre de la partie, qu’il projette sur le tout (Leibniz y cherchera de l’ordre).
acquiescement,intelligence,ordre

hommes
L'homme ordinaire est soumis au temps : le souci du succès local le conduit, inexorablement, à l'échec global ; l'homme d'exception est hors du temps : il vit toute vicissitude locale comme un échec, mais sous le signe immuable du triomphe global. « Il arrive que ce qui est désordre dans la partie est ordre dans le tout » - Leibniz.
défaite,noblesse,ordre,temps,vie

hommes
On cogite beaucoup, de nos jours, sur le futur robot, muni, par nos soins, d'une âme. Jadis, on se croyait déjà un robot : « L'âme humaine est une espèce d'automate spirituel » - Leibniz. Avec de telles autorités, l'homme robotisé peut ne plus pleurer son âme atavique.
âme,esprit,modernité,mort,robot

intelligence
Spinoza et Leibniz confondent, tout le temps, la représentation avec l'expression, en voyant dans les attributs (ou la monade finie) expression de la substance (de la monade infinie) et non pas représentation ; l'expression n'est qu'un mode d'accès langagier au déjà représenté.
concept,être,inconnu,langue,philosophie,représentation,style

intelligence
Et l'être et le connaître se forment exclusivement autour de la représentation, et adopter la voie cartésienne - du connaître à l'être, ou bien celle de Leibniz - de l'être au connaître, nous laisse dans les mêmes bornes ou ornières. L'élégance et le goût se reconnaissent surtout en interprétation et en expression. L'intelligence statique, celle du libre arbitre, face à l'intelligence dynamique, celle de la liberté.
être,interprétation,liberté,philosophie,représentation,style

intelligence
Aristote, Spinoza, Kant - aucune belle métaphore ; il reste le système (logique, structurel ou verbal, à l'esthétique nulle), donc un résumé, qui n'est jamais qu'enfantillage (c'est à dire la curiosité de la découverte, suivie d'une sobre mémorisation et d'un morne apprentissage). En face, les mythes et idées platoniciens sont de pures métaphores éternelles, comme la plus belle d'entre elles, celle de la Caverne reprenant, peut-être, le beau souvenir du souterrain de Pythagore et d'Empédocle. Tant de prosateurs cherchèrent à embrigader cet impénitent poète, en suivant le conseil perfide de Leibniz : « Si quelqu'un réduisait Platon en système, il rendrait un grand service à l'Humanité ».
beauté,école,idée,mémoire,métaphore,platitude,ruines,système

intelligence
L'Histoire de la philosophie s'écrit selon le lieu de ses exercices : la hauteur du Bien, du Beau ou du Vrai (d'Héraclite à Montaigne) ; la platitude du méthodique ou du naturel (de Descartes à Leibniz) ; la profondeur des limites humaines (de Kant à Marx) ; la hauteur de notre regard et de notre souffle (Nietzsche). Sachant que toute profondeur finit par affleurer à la platitude, il faut saluer tout retour à la hauteur, même au prix du trépas de son Habitant d'antan.
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intelligence
Le pré-filtrage des notions de la philosophie académique se fait facilement par le simple rappel de leurs antonymes : l'Un/multiple – une banalité à bannir ; être/devenir – si l'on veut compléter la représentation atemporelle, apersonnelle, en introduisant le temps ou la création, le couple serait intéressant, mais chez les non-poètes ne reste que l'être, source des logorrhées insipides ; absolu/relatif – aucun philosophe ne définit bien le premier terme, couvert d'infinies logorrhées, à bannir ; savoir/ignorance – une banale pré-condition d'un discours sensé, mais n'apportant rien à la forme, c'est à dire à la bonne philosophie, à négliger ; Dieu/la vie – l'intérêt pour l'Horloger ou l'Architecte est légitime ; infini/fini - aucun philosophe (sauf peut-être Leibniz) ne comprend ce que peut être l'infini, ce sujet devrait être réservé aux mathématiciens et interdit aux philosophes (non-mathématiciens) ; vrai/non-démontrable - aucun philosophe n'y voit la place du langage, ils réduisent tout aux psychologismes gnoséologiques, le sujet devrait être réservé aux cogniticiens et interdit aux philosophes ; liberté/nécessité – de la mécanique à l'éthique, le nombre de juges est trop important, on devrait ne garder que le dernier critère, impliquant des sacrifices, sujet rare chez les titulaires.
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intelligence
Le médiocre cherche le complexe, l'énumération de parties constantes et grossières d'un tout. Le profond oppose le multiplexe (Leibniz) du réel à la pauvreté de l'imaginaire. Le subtil trouve l'implexe (Valéry), un modèle s'ouvrant à l'unification par substitutions de variables délicates. Le fou se déverse dans l'explexe (Rimbaud), où tout n'est qu'opérandes symboliques sans structure d'arbre unificateur. Le robot optimise le simplexe. Ce que je prône, moi, pourrait s'appeler exciplexe - recherche d'une stabilité dans l'excitation.
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ironie
L'ironie est, avant tout, question d'imagination et de puissance - savoir recréer ses propres saisons d'âme, que ce soit dans des ténèbres boréales ou sous un soleil de Midi. Quand on en manque, on est soit un mouton, subissant le calendrier commun, soit un robot, optimiste ou pessimiste, - vivant dans le meilleur (Leibniz) ou dans le pire (Schopenhauer) des mondes.
âme,enthousiasme,force,mouton,nature,ombre,robot

ironie
Le rasoir d'Ockham ou la raison suffisante de Leibniz feraient partie de mes arsenaux de contraintes, si je pouvais leur trouver une bonne cible victimale.
auteur,contrainte,flèche,raison

ironie
La perfection mécanique (en solution de problèmes humains) n'a rien à voir avec la perfection organique (le problème du mystère divin). Dommage que mon vieux Voltaire n'ait pas compris la perfection du meilleur des mondes possibles, que prônait mon ami Leibniz, qui m'est si proche par ses horizons, par sa culture linguistique, par son expérience et même peut-être par ses origines.
auteur,culture,dieu,hommes,mot,mystère,nature

mot
On ne me lira jamais comme je veux, comme si les mots venaient d'être inventés. Pourtant c'est bien ainsi qu'on est tenté d'écrire. Forcer l'oubli des trajectoires connues des mots, les vouer à la destinée des hapax, esquisser des pointillés, qui en feraient pressentir envolées ou chutes. Le verbe créateur ne connaît pas de continuité, tandis que « la nature ne fait pas de bonds » - Leibniz - « natura non fecit saltus » - on ignorait encore les quantas atomiques et les mutations génétiques - que des bonds en discontinu ! La hauteur n'habite que le verbe ; il faut se méfier jusque du ciel : « Sur terre - des arcs brisés ; au ciel - des cercles parfaits » - R.Browning - « On the earth - the broken arcs ; in the heaven - the perfect round ». Et saluer le Christ : « Le ciel et la terre passeront, mais non pas mon verbe ».
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mot
En grec, la mystique de l'Un se greffe, le plus naturellement du monde, sur la branche poétique, à la métaphysique de l'Être, le verbe être (estin) y provenant du nombre un (l'article indéfini s'en mêlant majestueusement, cela débouche sur le bronze fêlé canonique du : « Ce qui n'est pas un être n'est pas non plus un être » - Leibniz ; les Allemands devinrent facilement friands de ce calembour, car une innocente substitution de lettres fait de Eins - Sein ; le nom du Dieu hyperboréen, Odin, signifie l'Un, en russe - один). À comparer avec la mystique du nombre cinq, grâce à son voisinage phonétique : penta - panta.
allemagne,dieu,être,grèce,mystère,poésie,romantisme,russie

mot
Les résultats en algèbre ou en analyse auraient gardé exactement la même valeur, si nous n'avions pas adoptés les notations de Newton, Leibniz ou Gauss. De même, notre connaissance du monde ne perdrait rien, si l'on renonçait à l'emploi d'une langue quelconque. Donc, parler comme Heidegger ou Wittgenstein, que les limites de notre univers coïncident avec celles de notre langue, est une sottise.
intelligence,langue,nature,savoir,science

mot
Le langage n'a rien de réfléchissant ou d'illuminant ; il est aberrant de dire, que « le langage est le miroir du monde ; et la réalité est l'ombre portée de la grammaire » - Wittgenstein - « Die Sprache ist der Spiegel der Welt ; und die Realität ist der Schatten der Grammatik » (« miroir de l'esprit » - Leibniz, « miroir de l'âme » - Publilius) - plus qu'avec la réalité, le langage communique avec la représentation et la reflète. Cette image, spéculaire du réel, est l'une des introductions rampantes du robot. Le minable tournant analytique (Frege), aplatissant l'élégant tournant cognitif (Chomsky).
âme,goût,langue,ombre,réalité,robot

noblesse
Nos sens sont si étroitement surveillés par notre raison, complice totale de la réalité, que notre perception du monde est toujours miraculeusement fidèle à l'original. Rien à voir avec le bâton d'un aveugle (Leibniz). Nos sens sont connectés à deux usagers : le cerveau et l'âme, pour naviguer ou bien vivre des vertiges. Il faut être sourd pour ne pas l'entendre. Le bâton, à l'origine des vertiges spontanés, est une invention récente.
action,âme,étonnement,intensité,raison,réalité,utilité

noblesse
La liberté est l'une de ces notions floues, que n'éclaircit que la présence de la noblesse : mais aujourd'hui, le plus souvent, quand on est libre, on est sans noblesse, et quand on est noble, on l'est déjà au-delà de la liberté. La seule grande liberté vérifiable est une préférence accordée à la faiblesse, face à une force sans noblesse. « Sans pouvoir être déraisonnables, nous ne nous considérons pas assez libres » - Leibniz - « Nisi potestas brutalitatis fiat, satis non liberos esse non putamus ». Quand on ne respecte que la force raisonnable et incolore, on est gris comme un mouton ou livide comme un robot.
doute,force,liberté,mouton,raison,robot

blanchot m.
Le droit de ne pas choisir est un privilège.
noblesse
Cette aristocratie, auto-proclamée et discrète, est experte elle-même en menus à choix multiples et élégants, qu'on ne fait que désélectionner furtivement, sans déclencher le moindre événement, sans souffler sur la chaude aboulie. Même si nous sommes embarqués, plutôt que marquer sur l'axe de notre parcours un point privilégié, par pari, par tri ou par parti pris, donc par Pascal, Descartes ou Leibniz, et aussi extrême que soit cette valeur élue, nous pouvons - notre talent peut ! - créer par-dessus tout cet axe une égale intensité, une polarité assumée, sacralisant l'axe tout entier. Et c'est Nietzsche, le premier, qui le comprit.
action,axe,esprit,goût,grâce,intensité,négation,sacré

proximité
Le même ennui émane des dieux de Descartes, de Leibniz, de Spinoza ; c'est comme si l'on raisonnait sur les triangles les plus libres, ou les plus parfaits, ou les plus nécessaires.
dieu,ironie,liberté,nécessité

proximité
Au commencement était le couple l'Amour - la Haine (Empédocle), la Monade (Pythagore ou Leibniz), l'Apparence (Pyrrhon), l'Idée (Platon), le Verbe (le Christ), l'Action (Thomas l'Aquinate, Goethe, après avoir opté pour le Sens et la Force, Proudhon), la Violence ou la Lutte (Pascal ou Darwin), le Soupçon (Marx et sa Classe, Freud et sa Perversion, Nietzsche et sa Musique, Berdiaev et sa Liberté), la Donation (Gegebenheit de Heidegger), l'Étrange (à partir des fantômes et spectres : « Shakespeare genuit Marx, Marx genuit Valéry » - Derrida). Chacun au commencement de sa discipline : l'Idée (le Nombre, la Monade, la Force) - pour représenter le mystère, le Verbe (l'Amour, le Sens, la Donation) - pour formuler les problèmes, l'Action (la Haine, la Lutte, le Soupçon) - pour tester les solutions, la Perversion et l'Étrange - pour confondre ou embellir les passages de l'un à l'autre de ces trois niveaux.
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heidegger m.
Wenn Gott tot ist, die gerechnete Welt bleibt noch und stellt den Menschen überall in ihre Rechnung.

Si Dieu, lui, est mort, le monde, livré au calcul, demeure et inclut partout dans ses calculs - l'homme.
proximité
La liberté joua son rôle sinistre : entre le rêve et le calcul, l'homme choisit le calcul, scellant la mort du seul Dieu crédible, celui du rêve incalculable (et non pas celui des valeurs, même transvaluables, qui fut proclamé mort par Nietzsche). Les autres sont pires que l'homme : « Le monde se faisait, tandis que Dieu calculait » - Leibniz - « Cum Deus calculat, mundus fit ». Les signes, symboles et mythes s'évaluent désormais dans des genèses et non plus dans des exégèses.
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russie
Racines phonétiques du nihilisme : Henri Heine ou Nietzsche, prononcés Un Rien et Nichtssche (Nichts - rien), Nétchaev, prototype chez Dostoïevsky, - Нечаев (de Nitchego - ничего - rien). Quid, les jeux phonétiques de Kojève, avec nitchto et netchto (un néant et un quelque chose), pour se moquer du bon Dieu, le même thème étant assez plat chez Leibniz, Hegel ou Sartre.
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souffrance
La terrifiante certitude des « omnis moriar » et «  letum omnia finit » - n'en déplaise à Horace et Properce - « tout de moi mourra » et « tout s'achève avec la mort ». Le corps livré au ver, l'âme livrée au vers. À l'arrivée, ni espoir ni recherche, laissés aux rabelaisiens : « Je m'en vais chercher un grand peut-être ». Ne fabriquent de l'éternel que des professionnels de la consolation gratuite - Leibniz, Kant, Hegel. Les bons charlatans se contentent d'en proclamer le mortel héroïsme : « C'est la précarité de l'œuvre qui met l'artiste en posture héroïque »*** - G.Braque.
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souffrance
Spinoza et Leibniz se rangent du côté du bonheur et de la joie, Schopenhauer et Kierkegaard – du côté de la souffrance et du désespoir, mais seul Nietzsche parvient à joindre ces deux bouts, que couronne l'intensité de la vie et de l'art, l'éthique cédant place à l'esthétique. Le fond de la vie est bien animé par le bien, mais c'est le beau qui en crée la forme - l'art.
art,axe,beauté,bien,bonheur,espérance,intensité,style,vie

vérité
Je passe, inévitablement, par la tentation du sophisme - un jour je me dirai : je prouve tout ce que je veux. Mais deux constats finissent par m'en éloigner : primo, quand à ma conviction s'ajoute mon adhésion, et la réalité, miraculeusement, s'y plie (aléthéia d'Aristote, adaequatio rei et intellectus de St Augustin et d'Averroès, verum et factum reciprocantur de G.B.Vico, l'harmonie préétablie dans l'âme entre la représentation et l'objet de Leibniz, ce qui est rationnel est réel de Hegel - was ist wirklich ist vernünftig, la parole va à l'être, car elle en vient de Heidegger - das Wort geht zum Sein weil es vom Sein herkommt), le significatif rejoignant le formel ou s'y refusant dans l'irrécusable perplexité de Zénon d'Élée ; secundo, quand je comprends, que le choix des choses à prouver joue le rôle des contraintes, que ne s'imposent que le bon goût et la noblesse.
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Leibniz W.